Les
facteurs de l’intensité de la force musculaire
Innervation
nerveuse
Nous savons
que les fibres lentes (I) stimulées développent
leur tension maximale en 110ms contre 50ms pour les fibres rapides
(II).
Une fibre II est donc plus rapide qu’une fibre I. En revanche,
en 1967, il a été montré que les fibres lentes
(I) et rapides (II) prises individuellement à leur tension
maximale, ne diffèrent guère quant à la force
qu’elles développent .
Si cette observation est vraie, si la force pouvant être
produite par une fibre rapide ne diffère pas sensiblement
de celle dispensée par une fibre lente, qu’est ce
qui permet d’expliquer qu’un muscle composé
de fibres rapides produit plus de force qu’un muscle composé
de fibres lentes ? Pour le comprendre, nous devons poser notre
regard sur les fibres nerveuses.
L’organisation
de l’innervation du muscle
Nous voilà,
à présent à l’interface entre l’innervation,
c'est-à-dire la commande du muscle par le nerf et la force
appliquée sur l’environnement. Débutons notre
étude par une description de l’innervation du muscle.
Qu’observons-nous lorsque nous raisonnons au niveau du rapport
entre les nerfs et les fibres musculaires ?
Un seul nerf innerve plusieurs fibres. Le nerf est un câble
qui au niveau de sa partie finale, se divise en de nombreuses
terminaisons. Chaque prolongement se termine au niveau d’une
fibre musculaire. L’ensemble composé de la fibre,
de ses prolongements et des fibres musculaires associées
prend le nom d’unité motrice. Une unité motrice
est donc constituée d’un seul neurone et des différentes
fibres musculaires qu’il innerve.
C’est
au niveau des unités motrices que nous devrons raisonner.
C’est elle qui va nous permettre de comprendre pourquoi
les unités motrices rapides sont plus fortes que les lentes.
Les
différents facteurs de l’intensité de la force
développée
Capacités
de mobiliser le maximum d’unités motrices et donc
le maximum de fibres musculaires
Le recrutement
des fibres se fait selon la loi du tout ou rien. Rien ne se
passe tant que les influx nerveux n’ont pas atteint
un seuil limite. Dès que ce seuil minimal est dépassé,
une stimulation maximale est observée au niveau de
la fibre musculaire. Comme toutes les fibres musculaires d’une
même unité motrice reçoivent la même
stimulation nerveuse, toutes se contractent au maximum. Lorsqu’une
force faible est nécessaire pour le mouvement, seules
quelques fibres sont excitées. L’augmentation
de force se fait par augmentation du nombre de fibres recrutées
au maximum de leur force.
Contrairement
à ce que nous pourrions penser, lors d’efforts
maximaux, le système nerveux ne recrute pas 100% des
fibres disponibles. Seules 50 à 70% des unités
motrices seraient activées. Ce constat signifierait
que 30 à 50% des fibres ne se contractent jamais. Pour
augmenter la force maximale, il faut atteindre un pourcentage
de recrutement des UM de 70%.
Capacités
du muscle à modifier sa structure en réponse au
type d’innervation
Les unités
motrices rapides produisent plus de force que les unités
motrices lentes car les unités motrices rapides contiennent
plus de fibres musculaires (300 à 800) que l’autre
type d’unité motrice (10 à 180). Elles
provoquent donc un plus grand nombre de contractions. Or on
sait que suivant les stimulations nerveuses que reçoit
le muscle, on peut transformer des UM lentes en rapides, et
donc augmenter la force maximale du muscle.
Coordination
intramusculaire
Les
unités motrices sont normalement recrutées de
manière asynchrone. La synchronisation est le processus
par lequel de nombreuses fibres vont se contracter de concert
et ainsi additionner leurs effets. L’amélioration
de cette coordination intramusculaire permet au muscle de
développer davantage de force.